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Birth name
Mère Saint-Ephrem
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Place of Birth
St-Gervais, Québec
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Place of Death
Sillery, Québec
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Burial Place
Sillery, Québec
Religieuse, communauté des Sœurs de Jésus-Marie.
Première poétesse Québécoise. Publié: Immortel Amour, Couvent de Jésus Marie, Sillery, 1929.
Tiré de la Préface d’Immortel Amour, signé J-E Prince:
Le 10 janvier 1921, dans le silence du cloître, s’éteignait pieusement une religieuse dont la carrière, humble et sans bruit, tiendra cependant une place importante dans l’histoire de sa Congrégation. (…) Née à Saint-Gervais de Bellechasse, Marie Bissonnette, en religion Mère Marie Saint-Ephrem, consacra les trente-deux années de sa vie à la noble tâche de l’enseignement. (…) C’est à Woonsocket qu’elle passa la première année de sa vie d’enseignement. Sa santé ne put résister à se premier effort. Après quelques semaines de repos aux Trois-Pistoles, elle reprendra courageusement sa tâche à Lauzon. C’est là, dans cette maison qu’elle aimait tant et qu’elle devait si admirablement servir pendant vingt-sept années, que nous eûmes l’honneur de la connaître, en 1904. Mère Saint-Ephrem était alors dans toute la force de son talent. Son ardeur au travail était telle qu’elle donnait facilement l’illusion de la vigueur physique. Très ouverte aux choses de l’esprit, capable de passer avec aisance de l’action à l’oraison, d’écrire une page solide de prose ou de poésie avec la facilité qu’elle mettait à écrire une simple lettre, au courant de toutes les publications propres à orner sa brillante intelligence, d’un zèle à toute épreuve, cette âme d’élite ne savait oublier qu’une chose, c’est que la force physique a des limites qu’on ne dépasse pas impunément. Mais le moyen de modérer une telle ardeur? Elle se donne toute entière, dès qu’une bonne inspiration sollicite sa générosité. Aucun sacrifice ne lui pèse, toutes les charges lui sont bonnes, elle enseigne toutes les matières du cours primaire. Elle conseille, dirige, au besoin remplace les maîtresses malades ou absentes.
Mère Saint-Ephrem se complaisait dans l’enseignement du français. Son zèle pour la culture et la défense de la langue maternelle était remarquable. Elle est l’une de nos premières éducatrices à fonder un Cercle du Parler français, à la suite du Congrès de la Langue Française de 1912.
Les cahiers qui contiennent une grande partie de ses écrits – prose ou vers – suffisent à nous faire apprécier son talent et sa facilité. La langue en est correcte et élégante. Nul détour dans la forme, la parole va droit au but. Mais c’est dans les vers surtout qu’elle excelle. Son oeuvre poétique, si tant est qu’on puisse donner ce nom à des compositions un peu disparates et nées de l’inspiration du moment, est réellement intéressante, surtout les pièces de la dernière période de sa vie, ou l’on sent que le talent a mûri; les compositions sont plus variées, le sentiment plus naturel.
Son goût pour la poésie ne l’abandonna jamais. Sur son lit de douleur, elle rime encore: elle chante dans « L’âme dolente », elle chante la communion qu’elle reçoit tous les jours et qu’elle appelle sa « Petite messe ». Parfois son esprit se reporte vers ses années d’enfance; c’est ainsi qu’elle chante, dans une pièce d’un sentiment exquis, « Les deux petits pommiers » du jardin de la maison paternelle. Dans l’une de ses dernières compositions, « Soupirs d’automne », elle se console avec sa foi, qui lui dit que le Consolateur suprême s’en vient vers elle. Combien émouvants et suggestifs ces vers! Oeuvre édifiante et touchante à la fois que la sienne, mais, hélas! si tôt terminée! »
Tiré de la Préface d’Immortel Amour, signé Mgr Camille Roy:
La pensée est forte heureuse de publier en un volume qui les conservera, quelques-unes des poésies de Mère Saint-Ephrem. Ce nom d’auteur est inconnu dans notre histoire littéraire. C’est sous le pseudonyme modeste, impersonnel de UNE RELIGIEUSE DE JÉSUS-MARIE, que Mère Saint-Ephrem fit paraître la plupart des pièces que l’on a ici recueillies. On les a maintenant rassemblées sous un titre qui définit leur inspiration. Elles sont nées, toutes, des ferveurs religieuses d’un IMMORTEL AMOUR.
C’est le 10 janvier 1921 que décédait, au Couvent de Jésus-Marie, à Sillery, cette femme admirable qui fut bien l’une des âmes les plus délicates, les plus sensibles, les plus surnaturelles, les plus artistiques que nous ayons connus. Dès ce moment on réclama la publication de tant de poèmes qui étaient tombés de sa plume, qui avaient jailli de son cœur de vierge consacrée à Dieu. Avant même qu’elle mourût, des missionnaires du Bengole, qui avaient lu, dans les revues où elles paraissaient, les poésies de Mère Saint-Ephrem, les voulaient pour les méditer, les prêcher, les mettre en musique bengolie. (…)
La poésie religieuse est rare chez nous. En voici une gerbe qu’on a bien fait de lier. Du sanctuaire où elle a fleuri, elle s’en ira par le monde répandre son doux parfum.